Priorités du gouvernement en 2023

Une feuille de route à chaque ministre

Plus rien ne doit échapper au Premier ministre ivoirien. Jérôme Patrick Achi veut redoubler de vigilance dans le suivi de l’exécution des activités de son équipe gouvernementale. Pour l’année 2023, il a décidé de donner une feuille de route très claire à chacun(e) de ses ministres. Une décision prise, conformément aux instructions du président de la République, Alassane Ouattara, lors d’un séminaire de son équipe, les samedi 12 et dimanche 13 novembre 2022 à Yamoussoukro.

Le Premier ministre ivoirien veut coller l’acte à la parole. Jérôme Patrick Achi a transmis, depuis la mi-décembre 2022, une feuille de route détaillée à chacun(e) de ses ministres, dans le cadre des activités du gouvernement. Il s’agit d’une liste des étapes à suivre scrupuleusement pour mener à bien les réformes et activités prioritaires pour l’année 2023, c’est-à-dire, les livrables attendus et le cadre de suivi-évaluation tout au long de l’année.

Une matrice des livrables à remettre au président de la République en ce mois de janvier 2023, en même temps que le document détaillé du bilan du Programme du gouvernement 2022. Telle est la principale décision prise par le Premier ministre devant les membres de son équipe gouvernementale.  Patrick Achi veut ainsi ‘’accélérer’’ la mise en œuvre des projets et réformes. Pour ce faire, il dispose (depuis le mois de décembre 2022), d’un programme d’activités structuré et cohérent, sur la base du bilan 2022 et des priorités 2023 de chaque ministère. Car selon lui, cette façon méthodique de conduire les activités du gouvernement est d’une ‘’importance capitale’’, selon ses termes, pour le président de la République, Alassane Ouattara, en ce qui concerne la planification et le suivi rigoureux, ainsi que l’évaluation exigeante de l’action publique. 

Pour le locataire de la Primature d’Abidjan, le principe républicain de redevabilité, qui doit être au cœur de l’action gouvernementale, impose au pouvoir exécutif d’expliquer ses décisions et de rendre compte régulièrement de son action devant la Nation. 

En clair, ‘’les réalisations seront déclinées par District/Région, afin de transmettre aux ministres, gouverneurs de Districts autonomes, une matrice de projets et de réformes relevant de leur sphère géographique, pour le suivi de l’action gouvernementale’’, a précisé Patrick Achi à Yamoussoukro 

Rappelant le contexte mondial, le proche collaborateur du chef de l’Etat ivoirien a insisté sur la nécessité d’accélérer le travail gouvernemental, afin de faire des progrès vers les objectifs de la « vision 2030 », notamment, doubler à nouveau le Pib par habitant, ramener la pauvreté en deçà de 20% et porter l’espérance de vie à 67 ans. 

Certains points d’attention, principalement l’amélioration des taux d’exécution des projets, le recours plus fréquent au fonds d’études et le renforcement de la communication gouvernementale, ont fait également l’objet de discussions. 

Une feuille de route, selon les priorités  

Ce document précis des réalisations prévues en 2023 sera élaboré en tenant compte des axes prioritaires suivants : le renforcement de la lutte contre les fragilités, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ; la poursuite et l’intensification des projets sociaux dans le cadre de la mise en œuvre du PSGouv 2, afin de donner plus d’accès à la Santé avec la Couverture maladie universelle (Cmu), à l’électricité et à l’eau potable ; l’amélioration du dispositif statistique.

L’amélioration des conditions de mobilité des biens et des personnes, avec la relance et l’approfondissement de l’entretien routier et des travaux d’infrastructures routières fait aussi partie de ces priorités.

Ces préférences concernent également la mise en œuvre d’un plan de migration vers une administration digitale ainsi que le renforcement de la digitalisation des moyens de paiement, de la gestion des finances publiques et de la chaîne foncière ; l’instauration d’un identifiant unique pour les populations et les entreprises ; le logement social ; la souveraineté alimentaire. 

 Les acquis de  l’année 2022

 La rencontre de Yamoussoukro a permis de faire le point sur les acquis en matière de mise en œuvre de projets d’infrastructures. Il s’agit spécifiquement de l’électrification de 455 localités de janvier à fin octobre 2022 ; des projets d’infrastructures routières notamment les 4è et 5è ponts, l’autoroute de contournement d’Abidjan ; celle de l’axe Yamoussoukro-Tiébissou finalisée ; l’achèvement projeté à fin décembre 2022 du boulevard Latrille, le démarrage effectif de plusieurs échangeurs à Abidjan (Akwaba, Macaci).

Il y a aussi l’alimentation en eau potable de 155 quartiers et sous-quartiers d’Abidjan et de ses environs ; l’octroi de 165.000 branchements sociaux, soit 1.650.000 personnes impactées ; l’achèvement de 1158 latrines « écoles » (environ 200 écoles) ; la construction de 40 Unités compactes de traitement d’eau de 100 m3/j posées dans les régions du Hambol, Goh, Gbôklè, Bélier, San-Pedro, N’zi, Iffou, Nawa, Agnéby-Tiassa.

Parmi les résultats obtenus, figurent l’achèvement de la première phase du Terminal Industriel Polyvalent du Port de San-Pedro ; l’achèvement de la construction du deuxième terminal à conteneurs du Port d’Abidjan ; la construction, la réhabilitation ou l’équipement des Maisons d’Arrêt et de Correction (Mac) de Bouna, Guiglo, Tabou, Séguéla, Sassandra, Sinfra et Divo.

Il faut également y compter la poursuite de l’achèvement de la construction des infrastructures sportives et non sportives de la Can 2023 dans les villes d’Abidjan, de Bouaké, de Korhogo, de San-Pedro et de Yamoussoukro, ainsi que l’accélération des travaux du parc des expositions d’Abidjan.

En matière de capital humain, l’Etat ivoirien a permis l’ouverture de l’Université de San-Pedro et la construction des infrastructures des Universités de San-Pedro (Phase 2) et de Bondoukou ; la construction/réhabilitation et l’équipement de 312 établissements sanitaires de premier contact, 8 Centres hospitaliers régionaux (Chr) à Aboisso, Adzopé, Man, San-Pedro, Daloa, Yamoussoukro, Korhogo et Guiglo) ; 5 Hôpitaux généraux (Danané, Méagui, Grand-Bassam, Yopougon-Attié, Adjamé) ; 5 services spécialisés à Abengourou, Toumodi, Bouna, Séguéla, Daoukro.

Sans oublier la construction de 43 collèges et lycées, 133 salles de classe pour le préscolaire, 432 salles de classe pour le primaire, 33 points d’eau et 155 blocs-latrines.

Il y a également le démarrage des travaux de construction/réhabilitation et équipement de 9 établissements d’Enseignement technique et de Formation professionnelle à Dabakala, Diabo, Ebimpé, Gbéléban, Kong, Korhogo, Yamoussoukro, Yopougon ; le recrutement de 15 300 enseignants dont 10 282 contractuels du PSGouv 1 ; la création de 210 centres d’alphabétisation ; la formation de 2 000 jeunes dans le cadre du déploiement de l’apprentissage ; le recrutement de 200 personnes en situation de handicap à la fonction publique ; la mise en activité de 4139 jeunes vulnérables dans les Travaux à haute intensité de main d’œuvre (Thimo).

Problématiques majeures

 Les acquis du gouvernement ivoirien ne peuvent cependant pas cacher les réalités qui se présentent sur le terrain. A ce niveau, l’orpaillage illégal et ses conséquences aux plans sécuritaire, social, environnemental et agricole constituent la première difficulté.  

D’autres problématiques telles que l’amélioration de la nutrition, l’amélioration quantitative des infrastructures scolaires, le renforcement des effectifs d’enseignants dans certaines disciplines, ainsi que la maîtrise des effectifs d’élèves dans les salles sont relevées.

Il y a aussi à prendre en compte dans ce chapitre, les problèmes liés à la jeunesse et à la femme dans tous les projets du gouvernement.

L’accélération des réflexions relatives à l’impact du numérique sur la prise en charge de l’indemnisation des populations impactées, dans le cadre de la réalisation de projets d’infrastructures de développement rencontre certaines difficultés.

De l’avis des experts, la Côte d’Ivoire est confrontée à un manque d’encadrement du développement urbain, ainsi qu’aux conséquences de la transhumance et de la divagation des animaux. A côté de cela, la conservation des trésors culturels et la gestion des musées sont perçues comme une difficulté. Elle s’ajoute à celle de la mise en œuvre de réformes visant à disposer de villes secondaires complètes, afin de créer des pôles de développement régionaux.

 

Par Frimo Koukou Djipro

Frimo Koukou Djipro

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